Fête de Qingming – Fête des morts

Signification et légendes associées

La Fête de Qing Ming (clarté – brillante), est un jour désigné en Chine comme journée nationale de nettoyage des tombes depuis 1935. Elle tombe le 4 ou 5 avril. Jour férié à Taïwan, sa date y est fixée au 4 avril.
C’est l’empereur Xuanzong, sous la Dynastie des Tang (en 732 après J.C.) qui préoccupé par les dépenses rituelles, décréte que la cérémonie à la mémoire des ancêtres n’a lieu que le jour de Qingming.

De nos jours, Qingmingjie est donc réduit à une journée consacrée à l’entretien des tombes, un peu comme la Toussaint en France, mais il s’agissait à l’origine d’une période plus longue rassemblant des rituels et activités d’origines différentes.

A la base de la fête moderne on trouve deux activités cultuelles très anciennes :

Shangsi

Shangsi était une fête attestée dans le pays de Zheng dès le début de l’ère chrétienne. A l’origine, des rituels visant à chasser les mauvaises influences et à apaiser les âmes errantes et les démons avaient lieu au bord de l’eau, mais à l’époque Song c’était devenu une simple journée d’activités en plein air.
C’est essentiellement cet aspect de sortie dans la campagne (où sont situées les tombes) qui subsiste dans l’actuelle fête de Qing Ming, avec l’utilisation de branches de saule pour leurs vertus apotropaïques.

Hanshi

Hanshi, le manger froid, est une coutume attestée dès l’époque des Han Occidentaux dans le district de Taiyuan. Elle prenait place à l’origine en hiver, et on y observait en l’honneur de Jiezitui, personnage de l’antiquité ministre du seigneur de Jin, l’interdiction d’allumer aucun feu pendant une période pouvant aller de cinq jours à un mois. Cao Cao, fondateur d’un des trois royaumes, aurait déplacé ce rituel dans la période de Qing Ming.
Observée de façon sévère, cette coutume semblait d’ailleurs être préjudiciable à la santé des plus jeunes et des plus âgés.

L’histoire de Jiezitui, origine du Hanshi

La légende populaire qui récapitule le sens de la fête est celle de Jiezitui, présenté comme un modèle d’intégrité et de piété filiale.

Durant les Périodes de Printemps et d’Automne, au 7ème siècle, le Duc Xiao, monarque de l’Etat de Jin, nourrissait l’intention de priver d’héritage le fils aîné du prince héritier, Shen Sheng, au profit de Li Ji, l’enfant de sa concubine favorite. Plus tard, Shen Sheng a été assassiné, et son second fils Chong’er s’est enfui, ayant appris que le même sort lui était réservé.

Il aurait suivi dans son exil l’héritier du trône chassé par un ministre traître, allant jusqu’à lui offrir un morceau de sa chair comme nourriture alors qu’il mourait de faim. Mais une fois rentré en possession de son titre, le nouveau seigneur Jin Wengong oublia totalement son bienfaiteur.

Le jour où la mémoire lui revint, mû par le remord il décida de le faire rechercher et appris que la pauvreté l’avait poussé à aller vivre dans la forêt avec sa vieille mère. Comme on ne le retrouvait pas, quelqu’un eut l’idée (stupide) de mettre le feu à la forêt pour le faire sortir, mais le résultat fut qu’il y brûla vif avec sa mère.

Le seigneur de Jin ordonna alors qu’on lui rende un culte et qu’on s’abstienne d’allumer du feu lors de l’anniversaire de sa mort. L’année suivante, revenant en pélerinage sur les lieux, le seigneur découvrit une pousse de saule à l’endroit où Jiezitui était mort. Il la ficha dans sa coiffure, et les années suivantes chacun prit l’habitude d’accrocher une branche de saule à sa porte en souvenir du héros.

Quelles sont les festivités ?

L’activité principale des chinois à cette occasion est d’aller se recueillir et nettoyer les tombes de leurs familles, personnages importants et martyrs pour leur rendre hommage. On fait des offrandes et brûle du papier monnaie afin d’envoyer de la richesse aux défunts. Des pétards sont lancés pour faire fuir les mauvais esprits. L’encens, trait d’union entre ciel et terre, est aussi bruler afin de rentrer en contact avec l’au dela.

Hanshi a transmis à la fête actuelle la coutume de ne pas allumer de feu pendant au moins un jour (très peu observée de nos jours) et de préparer des mets spéciaux pouvant être consommés froids. Le type le plus souvent mentionné dans les textes anciens était une sorte de bouillie, mais aujourd’hui on pensera plutôt aux runbing, qui sont à l’origine des fameux rouleaux de printemps (chunjuan).

Au temps de la Fête de Qingming, il commence à faire doux et la végétation à verdir. Très souvent, les gens profitent de cette occasion pour aller, en groupe, se promener dans les champs, faire voler des cerfs-volants et admirer le paysage printanier. Le printemps est la saison du cerf-volant, notamment dans le nord de la Chine, où il vente beaucoup.

Autre coutume intéressante, malheureusement perdue au début du XXe siècle: dans le sud-ouest de la Chine, on décorait ou gravait des coquilles d’œufs à l’occasion de Qing Ming.